HomeAnecdotes sur la Magna CartaBlogCentre de visiteurs de l’Assemblée législative de l’AlbertaContactez-nousFaites un donL'ExpositionLa cathédrale de DurhamLa Magna CartaLe musée canadien de l’histoireLe site national historique de Fort YorkMédiaMusée canadien pour les droits de la personneNos supportersOutils pédagogiquesParallax 1Parallax 2Parallax 3Parallax 4

Les femmes et la Magna Carta

La Magna Carta est un des documents clé pour combler le fossé entre le statut des femmes à l’Angleterre médiévale et le monde occidentale du vingt et unième siècle. Bien qu’il n’y ait pas eu des femmes parmi les nobles qui ont fait pression au roi Jean à apposer son sceau à la Grande Charte, des diverses clauses dans le document ont codifié les droits de mariage des héritières nobles, ainsi que la propriété et les droits de mariage des veuves riches.

Après la conquête normande de 1066, toutes les terres en Angleterre sont devenues la propriété de la couronne et les barons étaient tous officiellement les vassaux en chef du roi. À son rôle comme seigneur féodal, on demandait du roi à s’occuper de ses locataires nobles, en assurant que la veuve et les filles d’un baron aient tout nécessaire au cas où il soit mort avant que son héritier soit majeur. L’abus de ce privilège de Jean et de son prédécesseur, le roi Richard, a provoqué les barons à codifier des droits de mariage et de propriété pour les femmes nobles.

L’intention des clauses de la Magna Carta qui concernaient les femmes était de renforcer le statut de la noblesse comme groupe social distinct et d’assurer que les enfants des premiers mariages ne perdaient pas leurs héritages. Néanmoins, la récognition formelle des privilèges distincts desquels jouissaient les femmes nobles a défini un précédent pour la législation à venir qui a garanti les droits des femmes.

Les droits des femmes en Angleterre à l’époque de la Magna Carta étaient très différents aux ceux du Canada du vingt-et-unième siècle. En 1215, une Anglaise pourrait être promise en mariage à l’âge de sept ans et mariée à l’âge de douze ans. Au Canada en 2014, l’âge minimum pour se marier varie selon la province, mais normalement c’est dix-huit ans en lieu et place du consentement parental ou judiciaire. Ce standard corresponde aux autres pays du monde du vingt-et-unième siècle, qui fixent l’âge minimum de mariage entre seize et dix-huit ans pour les femmes. Il y des exceptions à cette tendance. Ni le Yémen, ni l’Arabie saoudite ne réglementent un âge minimum en ce moment (par contre une proposition de loi qui interdit le mariage des enfants serait introduite par le ministre des affaires juridiques du Yémen jusqu’à la fin du 2013).

Pendant qu’une promesse en mariage en 1215 était nulle sauf si la future mariée donnait son consentement lorsqu’elle atteindrait la puberté, la pression familiale et sociale avait une influence forte sur sa décision. L’expérience de Christina de Markyate (c.1095-c.1155), fondatrice de la Prieuré Markyate, démontre à quel point il était difficile pour une future mariée de bonne famille de refuser les vœux de sa famille concernant le mariage. À l’âge de quinze ans, Christina a fait le vœu de chasteté après une visite à l’abbaye St. Albans mais sa famille a insisté qu’elle épouse un jeune homme du nom de Beorhtred.

La vie de Christina de Markyate (The Life of Christina of Markyate) décrit comme la famille de Christina a soudoyé d’abord la femme réticente, puis l’a imploré, puis lui a reproché devant la congrégation à l’église, avant qu’elle ait consenti à la promesse en mariage. Lorsque Christina a refusé de consommer le mariage, ses parents l’ont battu et l’ont mise à résidence. Finalement, Beorhtred a accepté une annulation, ce qui a permis à Christina de préserver sa chasteté et de professer comme nonne.

En plus des négociations entre la famille de la future mariée et celle du marié, il était la responsabilité de la communauté médiévale d’identifier n’import quels obstacles à l’union. Le quatrième concile œcuménique de Latran convoqué par le pape Innocent III en 1215 a décidé que «nous interdirons absolument les mariages clandestines ; et nous interdirons aussi qu’un prêtre présume en certifier telle chose.» Des entraves formelles pour le mariage en 1215 comprenaient une relation entre la future mariée et le futur marié qui était d’un degré de consanguinité interdit. Cependant il y avait aussi de nombreuses entraves informelles, y inclut le statut social et l’ampleur de la dot de la future mariée.

EleanorRooseveltHumanRights-300x240En 2014, la liberté de marier est affirmée par la déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies, qui présente «À partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille.» Le droit au mariage s’est prolongé jusqu’aux couples homosexuels dans de nombreux pays au vingt-et-unième siècle, y inclut le Canada. La déclaration affirme également que «Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux,» en condamnant formellement les mariages forcés. Malheureusement, des expériences similaires à celle de Christina de Markyate continuent toujours au vingt-et-unième siècle. Selon la recherche d’UNICEF en 2012, quarante-huit percent des femmes de l’Asie du Sud et quarante-deux percent des femmes africaines sont contraintes à se marier avant l’âge de dix-huit ans.

Une fois qu’une Anglaise du treizième siècle se mariait, son propriété appartenait légalement à son époux, quoiqu’on se soit attendu que le mari fournisse une portion maritale pour l’entretien de son épouse pendant toute sa vie. Les époux partageaient également une identité légale, ce que faisait que les femmes mariées n’avaient pas le droit de témoigner en justice en leur nom dans la majorité des cas. Théoriquement les veuves étaient libres à choisir si se remarier ou non, mais le monarque avait un intérêt sur la cession des propriétés terriennes et tenterait de dicter le mariage d’une héritière ou le remariage d’une veuve riche.

Les auteurs de la Magna Carta ont codifié les droits de mariage pour les femmes nobles parce que Jean et Richard s’immisçaient à plusieurs reprises dans les unions des héritières et des veuves riches pour augmenter leurs revenus et pour récompenser leurs supporteurs. Pendant les mois que Richard a passés en Angleterre en rassemblant des fonds pour la troisième croisade en 1189-1190, la tutelle des héritières nobles était vendue au plus offrant pour financer son expédition à la Terre Sainte. Ces tutelles étaient achetées par des hommes ambitieux qui avaient l’intention de marier les héritières. Jean a également vendu la tutelle des héritières nobles pour payer ses dépenses militaires, comme il a passé beaucoup de son règne en guerre avec le roi Philip II de la France.

Pour Richard ainsi que pour Jean, les demandes financiers des leurs campagnes militaires remplaçaient souvent les conventions de leurs rôles comme des suzerains. Bien que les barons aient attendu que le roi trouve des maris du même milieu social pour les femmes nobles, tous les deux rois ont permis aux membres riches de la classe moyenne urbaine à acheter leurs accès à l’aristocratie en achetant la possibilité de marier des héritières. La sixième clause dans la version du 1215 de la Magna Carta interdirait au roi d’arranger des mariages entre des nobles et leurs inferieurs sociaux, en déclarent, «Des héritiers peuvent être promis en mariage, mais pas à quelqu’un d’un statut social inférieur. Avant que le mariage ait lieu, il doit être annoncé au parent le plus proche de l’héritier.» Les exigences d’informer les membres de la famille du mariage ont limité la possibilité du roi d’arranger un mariage inégal pour un de ses pupilles.

L’envie du roi de contrôler le transfère des propriétés nobles et de récompenser ses disciples se contredirait souvent avec la convention de longue date que les veuves aient le droit à choisir si se remarier ou non. Contrairement aux femmes mariées, les veuves étaient des femmes sole, autorisées à gérer leurs propres affaires et à défendre leurs procès devant un tribunal. Les rois précédents avaient étés contraints par leurs barons à respecter l’autonomie des veuves nobles et à ne pas forcer une union qui pourrait conduire à un beau-père qui se débarrasse de l’héritage des enfants de son épouse de son premier mariage. Roi Canute (r.1016-1035) ainsi que Roi Henri I (r.1100-1135) ont promis qu’ils n’auraient pas forcé des héritières à se marier et des veuves à se remarier, mais tous les deux ont rompu leurs serments et ont engagé dans cette pratique.

La huitième clause de la version du 1215 de la Magna Carta déclarait que «Aucune veuve sera forcée à se marier si elle désire rester sans époux. Cependant elle doit offrir la sécurité qu’elle ne se mariera pas sans l’accord royal si elle tient des terres de la couronne, ou sans l’accord du lord de qui elle les tient.» Sous les termes de la Magna Carta, le roi pouvait refuser autorisation pour ce qu’il considérait un mariage inadéquat mais il ne pouvait pas forcer une femme noble à se marier. La Grande Charte garantissait aussi à une veuve l’accès à sa portion du mariage et le droit à rester dans la maison maritale quarante jours après la mort de son mari.

Il y a deux femmes individuelles qui sont mentionnées dans la Magna Carta. Selon la Charte, «Concernant le retour des sœurs et des otages d’Alexandre, Roi d’Écosse, ses libertés et ses droits, on va lui traiter de la même façon comme nos autres barons.» Les princesses adolescentes Margaret et Isabella sont devenues otages du roi Jean après son invasion de l’Écosse en 1209 et elles étaient confinées au château de Corfe avec la nièce du roi, Eleanor de Bretagne. Quoique Jean ait promis d’arranger des mariages appropriés pour les princesses avec des Anglais nobles, il ne l’avait accompli jusqu’en 1215. Margaret et Isabella étaient finalement libérées de leur confinement et mariées aux comtes de Kent et de Norfolk, respectivement, pendant le règne du fils de Jean, Henry III.

La Magna Carta a eu peu d’impact sur la majorité des sujets femmes du roi Jean parce que les clauses concernant les droits du mariage se rapportaient seulement aux femmes élites. Néanmoins, l’identification des droits légaux clairs pour les héritières et les veuves en 1215 a fixé une précédente pour la législation des siècles à venir qui permettait aux femmes d’autonomie concernant le mariage et de control sur leur propriété. Les droits accordés à un petit groupe des femmes in 1215 se sont répandus éventuellement à travers la population. De nos jours, la liberté du mariage forcé est reconnue par les Nations Unies comme un droit de l’homme fondamental, avec la Magna Carta qui a marqué le début de huit cent ans de législation qui a maintenu les droits des femmes.

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Commentaires

Retourner à la page d'accueil