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Le roi Jean et la Magna Carta dans la culture populaire

«Le roi Jean n’était pas gentil et il n’avait pas d’amis. Il restait dedans tout l’après-midi et personne ne passait chez lui.» – A.A. Milne, “On est six maintenant,” 1927.

Robin Hood 1938 PosterPresque huit cents années après la Magna Carta, le roi Jean continue à vivre dans la culture populaire en tant que le méchant de la scène, de l’écran et de la fiction historique. Contrairement à d’au tres rois controversés de l’Angleterre, comme Richard III, il n’y a pas de portrait révisionniste de Jean comme un roi incompris et injustement néfaste. Les portraits de fiction de Jean, de Shakespeare aux légendes de Robin des Bois, le décrivent comme un homme et aussi un roi profondément plein de défauts. Par opposition à ce portrait constant de Jean, la signification de la Magna Carta a évolué dans l’imagination populaire. Au cours des siècles, on a ignoré la Charte à cause de son potentiel révolutionnaire, on l’a présentée comme un contrôle nécessaire du pouvoir du roi, et on l’a glorifiée pour sa garantie présumée des libertés individuelles.

Jean a présenté de l’intérêt pour les dramaturges, en tant que personnalité historique, pendant l’époque tudorienne. Comme Henry VIII et Elisabeth I, Jean s’est disputé avec la Papauté pendant son règne et il a été excommunié. William Shakespeare a écrit La vie et la mort du roi Jean dans les années 1590, inspiré par Le règne conflictuel du roi Jean de George Peele. Aucune des pièces ne mentionne la Magna Carta. La chroniqueuse de National Post, Barbara Kay, écrivait en 2011 «la pièce historique de Shakespeare La vie et la mort du roi Jean a omis la Magna Carta de la même façon qu’en écrivant une pièce sur George Washington, on omet la Révolution américaine.»

King John Play Cover Cependant, pour les écritures dramatiques de l’époque tudorienne dans la période de l’Invincible Armada, le roi Jean et ses barons révolutionnaires paraient aussi dangereux pour la stabilité du royaume. La pièce finit avec l’observation du fils illégitime de Richard I, Philip de Cognac, que l’Angleterre ne va triompher que si elle reste unie. La vie et la mort du roi Jean a été une pièce populaire pendant l’époque victorienne et la première représentation du roi dans un film a eu lieu dans une vidéo muette de 1899 qui montre la mort de Jean dans le cinquième acte. Depuis lors, le portrait de Shakespeare sur le roi Jean est tombé en désuétude et la pièce est à peine mise en scène aujourd’hui. De toute façon elle a été jouée au Festival de Stratford de 2014.

Les légendes de Robin des Bois ont eu un impact plus durable sur la perception populaire de Jean et de la Magna Carta. Avant le seizième siècle, le roman historique de Walter Scott, Ivanhoe, a ajouté des détails, représentant Robin des Bois en tant que le propriétaire foncier, Robin de Locksley. La caractérisation de Scott sur Robin des Bois a contribué à la perception populaire que la Magna Carta a représenté un pas en arrière vers une législation plus vieille qui a été abandonnée après la Conquête normande d’Angleterre de 1066.

Avant le vingtième siècle, le légendaire Robin des Bois a été représenté faisant partie de la lutte nationale contre les tentatives du prince Jean d’usurper le trône de son frère Richard. Dans le film de 1938, Les aventures de Robin des Bois, avec Errol Flynn, un prince Jean prétentieux et paré de bijoux (Claude Rains) annonce qu’il a l’intention d’augmenter les taxes, apparemment pour relâcher le roi Richard des mains du Saint Empereur des Romains, se faisant le régent d’Angleterre. Le prince donne un discours acerbe à ses barons «Êtes-vous déconcertés, pourquoi criez-vous? Est-il étrange de vouloir régner pendant que mon frère est détenu ? Qui ait le courage de dire que je ne devrais pas le faire!»

La description du prince Jean faite par Rains, en tant que traître se plaignant toujours a lancé les portraits suivants du futur roi dans les films avec Robin des Bois. Cette caractérisation offre beaucoup de matériel pour la satire. Pour beaucoup d’enfants, le premier contact avec l’Angleterre médiévale est l’animation produite par Walt Disney en 1973, Robin des Bois, où le prince Jean (Peter Ustinov) est interprété par un lion sans crinière, «un roi d’Angleterre faux» qui suce son doigt et pleurniche « maman aime Richard plus que moi». Le film satirique de 1993 mis en scène par Mel Brooks, Robin des Bois: Héros en collants, a aussi présenté Jean (Richard Lewis) comme un méchant comique. À la fin du film, le roi Richard (Patrick Lewis) retourne de la croisade et dit devant une foule qui l’acclame: «Mon frère, tu as entouré ton nom d’une puanteur infâme ! A partir de ce moment, toutes les toilettes du royaume devraient être nommées… des johns!»

Puisque les films avec Robin des Bois se déroulent d’habitude sous le règne du roi Richard plutôt que sous celui suivant du roi Jean, il y a peu de références claires à la Magna Carta. Une exception est le film de 2010, Robin des Bois, avec Russel Crowe. Dans le film, le père de Robin est un maçon qui a été décapité parce qu’il soutenait la Charte qui aurait garanti des droits à tous les anglais. Plus tard dans le film, Robin unifie les nobles pour convaincre Jean de signer la Charte. Bien que le document fictionnel et beaucoup plus radical que la Magna Carta historique, le film reflète les perceptions modernes sur la Charte en tant que la garantie de la liberté contre la tyrannie. Oscar Isaac interprète un Jean plus sérieux que dans d’autres films avec Robin des Bois mais il est toujours réprimandé par sa mère, Eléonore d’Aquitaine, et risque son royaume à cause de la quête du plaisir.

La représentation de Jean pendant les derniers cent ans de films sur Robin des Bois s’est révélée si durable qu’elle a influencé d’autres représentations à l’écran de la famille de Jean. Dans la pièce de James Goldman de 1966, Le Lion en hiver, qui a été adaptée à l’écran en 1968 et à la télévision en 2003, Jean est un adolescent pleurnichant qui est méprisé par sa mère et facilement manipulé par ses frères et le roi de France. Dans la série dramatique de BBC de 1978, La couronne du diable, Jean arrive en aide à sa mère au Siège du Château Mirabeau en 1202. Puis, il lui demande, « Est-ce que je suis ainsi bon que Richard ? » Contrairement à la plupart des représentations de Jean, La couronne du diable suit son règne à travers une série d’incidents infâmes et lâches jusqu’au 1215 où il appose son sceau à la Magna Carta. Le sceau casse au moment où il se solidifie, symbolisant l’intention de Jean d’abjurer la Grande Charte. Le film de 2011, Ironclad, représente aussi le roi Jean (Paul Giamatti) rejetant la Magna Carta et faisant la guerre contre ses barons.

C’est aux romanciers historiques d’ajouter un peu de nuance à la représentation théâtrale de Jean et de la Magna Carta dans les films des vingtième et vint-et-unième siècles. Dans le roman d’Elizabeth Chadwick de 2010, To Defy a King [Défier un roi], l’histoire est racontée de la perspective des familles nobles mécontentes avec seulement quelques scènes du point de vue de Jean. Un des portraits les plus nuancés de Jean ainsi que de la Magna Carta dans un roman historique apparaît dans Here Be Dragons (Ici sont dragons), un roman de 1985 de Sharon Kay Penman sur Llewellyn le Grande, Prince de Pays de Galles et son mariage à la fille illégitime de Jean, Joanna. Pendant une conversation prolongée sur la nature de la Magna Carta, le couple royal gallois situe le document dans un contexte historique plus vaste, en discutant comme la présence étendue de Jean en Angleterre, ainsi que, sa malhonnêteté ont contribué au mécontentement des barons.

Llewellyn explique à sa marie:
«Henry [II] et Richard ont régné tous les deux avec une main de fer, mais ils étaient partis du royaume pendant des années, occupés par des événements en Normandie, à l’Anjou et au Poitou. Ces absences ont donné à leurs barons une relâche nécessaire, un moment de répit. Mais de presque dix ans, Jean a été ancré à l’Angleterre, parcourant à travers tout le royaume, apportant ses tribunaux et ses gendarmes, prélevant des impôts, percevant d’écuage, faisant des ennemies.»

À travers la perspective de Llewellyn, Penman complique le portrait fictionnel traditionnel de la Magna Carta comme une charte entre un roi infâme et ses barons victimes. Plutôt, la présence même de Jean à l’Angleterre, gouvernant son royaume au lieu d’être un monarque absent sur le continent ou parti en croisade. Après l’explication de Llewellyn, Joanna remarque, «Vous voulez dire que la signification de cette charte est qu’elle change les privilèges en droits?» Joanna ainsi que Llewellyn acceptent que la Magna Carta soit un «concept novateur» et qu’il soit dommage que la guerre entre le roi et ses barons semble inévitable.

Magna Carta Holy Grail coverAu vingt-et-unième siècle, la Magna Carta continue à informer la culture populaire. En juillet, 2013, le rappeur Jay-Z a exposé l’artwork de son album Magna Carta…Holy Grail (Magna Carta…Saint Graal) à la cathédrale de Salisbury, à côté d’une des copies survivantes de la Grande Charte. Le doyen de Salisbury, le Très Révérend June Osborne a expliqué au Journal Salisbury, «Jay-Z, à travers son album, crée une sensibilisation immense de ce document historique et de sa signification moderne à un public énorme durant la période préparatoire de son anniversaire de 800 ans en 2015. On espère accueillir beaucoup de ses fans ici cet été pour voir l’artwork dans la Salle Capitulaire à côté de notre Magna Carta.»

Presque huit cent ans après que le roi Jean a apposé son sceau à la Magna Carta, le roi et la Charte restent des points de repère culturels alors qu’il y a des écrivains, des artistes, des musiciens et des cinéastes qui continuent à être inspirés par les thèmes universels des droits de l’homme et par la nature de bonne gouvernance.

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