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La Magna Carta

Women’s rights: A widow could not be forced to marry and give up her property – a major first step in women’s rights.

Les droits des femmes : On ne pouvait pas forcer une veuve à se remarier et à renoncer à sa propriété – un premier pas majeur pour les droits des femmes.

La Grande Charte

La Magna Carta de 1215 est l’un des plus importants documents historiques du monde de langue anglaise. La Grande Charte a marqué le premier cas d’un roi forcé à accepter une liste de termes rédigée par ses sujets. En 1770, le Premier Ministre britannique William Pitt the Elder (l’Aîné) décrivait la Grande Charte comme « La Bible de la Constitution anglaise » et le document intégral est resté dans la législation jusqu’en 1863 où on a adopté la Loi-Cadre.

Puisque la Grande Bretagne a développé un empire qui s’étendait à travers le globe, le droit commun britannique a modelé le développement des nations du Commonwealth modernes, y compris le Canada. La garantie des libertés individuelles de la Magna Carta a contribué au développement de la Constitution américaine. Aujourd’hui, trois clauses clé de la Magna Carta sont en vigueur au Royaume Uni : la liberté de l’Eglise Anglaise, les « libertés anciennes » de la Ville de Londres et le droit au procès en bonne et due forme.

Cependant, en 1215, les barons rebelles du roi Jean ne cherchaient pas à refaire les systèmes politiques et légaux anglais. Il y avait un consensus sur le fait que le roi avait poussé ses prérogatives traditionnelles trop loin et qu’il avait empiété sur le droit accepté de la noblesse. La Grande Charte a uni des rebelles aux différents intérêts. Les prédécesseurs du roi Jean ont lutté tous contre des rebelles qui ont cherché à mettre un autre membre de la famille royale sur le trône. La Magna Carta a été le point de ralliement pour la première rébellion anglaise au nom des idéaux.

La création d’un roi controversé

Jean n’a pas été né pour devenir roi. Au moment de sa naissance au Château Beaumont à Oxford, la veille de Noel en 1166, ses parents, le roi Henry II d’Angleterre et la reine Eleanor, duchesse d’Aquitaine, avaient déjà trois fils et trois filles en plus des deux filles d’Eleanor de son premier mariage, avec le roi Louis VII de France. Avant 1166, Henry avait déjà envisagé de diviser le grand Empire Angevin anglo-français entre ses fils aînés.

Selon la vision du roi Henry II, le fils aîné, connu comme Henry le Jeune, hériterait l’Angleterre et la Normandie de son père. Le deuxième fils, Richard, succéderait à sa mère en Aquitaine. Le troisième fils, Geoffrey, recevrait la Bretagne par le mariage avec sa jeune héritière. Les tentatives ultérieures du roi de subvenir aux besoins de son fils cadet, en lui donnant des terres et des châteaux promis auparavant à ses fils aînés, sont devenues une source majeure de conflit au sein de la famille royale. Henry le Jeune, Richard et Geoffrey se sont tous révoltés contre Henry II, à la recherche de l’influence sur la gouvernance des territoires désignés pour eux. Cette lutte et cette perfidie au sein de la famille royale auraient modelé l’approche de Jean sur le leadership, en influençant ses ultimes relations opportunistes en tant que roi avec les barons anglais.

Après la mort d’Henry le Jeune, à cause de la dysenterie en 1183 et celle de Geoffrey, après être tombé du cheval pendant un tournoi en 1186, le roi s’attendait que Richard cède une partie de son héritage à Jean. Richard avait d’autres plans. Au moment où il n’y avait plus de doute que Richard battrait avec l’aide du roi Phillip II de France, Jean a changé d’avis, en laissant son père mourant maudire la perfidie de ses fils. Lorsque Richard I « Cœur de Lion » est devenu roi en 1189, il avait dit clairement que lui non plus ne faisait confiance à la loyauté de Jean. Avant de partir pour la Troisième Croisade, Richard a proclamé le fils de Geoffrey, Arthur de Bretagne, né après sa mort, en tant qu’héritier du trône, et il a défendu à Jean de visiter l’Angleterre pour trois ans.

Pendant que Richard participait à la Croisade, Jean s’est allié avec Philip II et a envahi la Normandie. Richard a vite vaincu cette révolte une fois retourné de la Croisade et de l’emprisonnement ultérieur aux mains du Saint Empereur Romain. Jean a perdu tous ses territoires et tous ses revenus sauf ceux en Irlande, une situation qui l’a forcé à rendre service royal à Richard jusqu’à sa mort survenue en 1199 à cause d’une blessure d’arbalète. Jean avait une réputation de perfidie et de fourberie qui le suivait toujours, mais, comme adulte avec de l’expérience militaire, il a attiré plus de partisans en faveur de sa prétention au trône que son neveu adolescent, Arthur de Bretagne.

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Le roi Jean a été l’arrière-petit-fils de Guillaume le Conquérant et le frère cadet du roi Richard Cœur de Lion.

Les péchés du roi Jean

Bien que la monarchie constitutionnelle moderne ne se soit pas développée en Angleterre avant la Glorieuse Révolution de 1688, il y avait des limites bien acceptées sur l’autorité du roi médiéval. Au moment de son couronnement comme roi d’Angleterre en 1199, Jean a juré de respecter la paix, l’honneur et la vénération du Dieu et de l’Eglise, d’assurer de la justice et du traitement égal à ses sujets et de maintenir de bonnes lois. En revanche, les cent-soixante-cinq barons du temps de l’ascension du roi étaient obligés de contribuer avec du service militaire et de l’argent à la Couronne. Le roi pouvait exiger des otages parmi les nobles pour s’assurer que les barons respectent leurs obligations envers la Couronne et il pouvait aussi dicter le remariage des veuves et des héritières orphelines.

Dans quelques années après l’ascension du roi Jean, il était clair qu’il n’était pas disposé à respecter les limites informelles sur son autorité ou les règles de chevalerie qui gouvernaient les guerres du treizième siècle. À la fin d’une courte guerre pour le contrôle des possessions continentales de l’Empire Angevin, Jean a capturé son neveu Arthur en 1202, en l’envoyant dans la custodie d’un fidèle baron, William de Braose. Au lieu de se réconcilier avec son adversaire, Jean a décidé d’éliminer Arthur. Selon les « Annales de Margam », « Après avoir capturé Arthur et après l’avoir longuement emprisonné dans le château de Rouen, le roi Jean, après le dîner de Jeudi avant les Pâques (1203), lorsqu’il était ivre et possédé par le Diable, il l’a tué de sa propre main, et l’a jeté dans la Seine après avoir attaché une pierre à son corps. » Comme les Princes de la Tour d’environ trois cents ans plus tard, Arthur a tout simplement disparu, en permettant la circulation des rumeurs sur le rôle de son oncle dans sa disparition.

Après la disparition d’Arthur, les barons sont devenus réticents à permettre aux membres de leurs familles d’être rendus au roi en tant qu’otages. Lorsque Jean a demandé au Baron William de Braose d’envoyer son fils aîné à la Cour en 1208 en tant que garant pour une dette de cinq milles monnaies, la femme de William, Maud, a protesté : « elle ne donnerait pas ses enfants à un roi qui avait tué son propre neveu. » En réponse, Jean a confisqué les territoires et les châteaux de William, situés tout au long de la frontière galloise et a emprisonné Maud et son fils, en les laissant mourir de faim dans un donjon.

Les barons proches de William de Braose étaient scandalisés par ce qu’ils considéraient comme une réponse injuste et disproportionnée de Jean aux dettes de William et aux accusations de Maud. Le destin de la famille Braose a inspiré la trente-neuvième clause de la Magna Carta « Personne ne peut être pris, emprisonné, proscrit, exilé ou détruit de quelque manière que ce soit, et nous non plus ne le poursuivons en justice, sauf par le jugement légal de son jury ou par la loi foncière », le droit à un procès en bonne et due forme qui est toujours présent dans le droit britannique.

La mort et la renaissance de la Magna Carta

Avant 1215, les obligations militaires et financières accrues que Jean a imposées à ses barons anglais pour regagner les possessions continentales avaient provoqué une rébellion non-dissimulée. Philip II avait depuis longtemps tiré profit des divisions à l’intérieur de la famille royale anglaise et il a vu les conflits entre Jean et ses barons comme une opportunité d’élargir la France aux dépens de l’Empire Angevin. Avant 1204, Jean avait perdu la Normandie, Anjou et Poitou, ne gardant que l’Aquitaine. La campagne de Jean de 1214 a été un grand échec, en se finissant par une défaite à Bouvines et une trêve mal vue qui obligeait Jean à payer une compensation à Philip.

Puisque le fils aîné de Jean, Henry, n’avait que huit ans en 1215, les rebelles ne pouvaient pas se rallier derrière un autre leader. Dans ces circonstances, la Magna Carta est née comme le symbole d’une révolte basée sur des idéaux. Au début, cette nouvelle forme de rébellion semblait sans succès. Après quelques mois après avoir posé son sceau sur la Magna Carta, Jean a fait appel au Pape Innocent III pour le décharger des termes de la Charte. Même si Jean avait été en conflit avec la Papauté pour une longue période de temps de son règne, le Pape a accepté de désavouer la charte parce qu’elle niait un accord précédent qui disait que le Pape était le Seigneur féodal du roi. Après quelques mois de la réunion historique entre Jean et ses barons à Runnymede le 15 Juin 1215, la Grande Charte avait été abandonnée par les deux côtés. Une fois le Pape avait déchargé le roi Jean des termes de la Charte, elle était inutile à la noblesse anglaise. Après des décennies de méfiance entre Jean et ses barons, peu d’entre eux étaient intéressés à transformer la Magna Carta dans un accord plus durable.

Avec le début de la Première Guerre des Barons de 1215, la noblesse anglaise est revenue à la forme traditionnelle de rébellion, invitant le Prince Louis de France, le mari de la cousine de Jean, Blanche de Castille, à envahir l’Angleterre. C’était la mort subite du roi Jean le 18 octobre 1216 à cause de la dysenterie après « un excès de pêche et de cidre » qui a relancé la Magna Carta. L’ascension du Roi Henry III à l’âge de neuf ans a permis une régence d’un baron, William Marshall, qui respectait les prérogatives traditionnelle des nobles. L’ascension du roi enfant respectait les clauses trois, quatre et cinq de la Magna Carta, qui garantissaient les droits d’héritage aux mineurs. Dans ces circonstances, le soutien pour le Prince Louis a disparu en Angleterre et Henry III a commencé un règne de cinquante-six ans, modelé par les termes de la Grande Charte de 1215.

Dr. Carolyn Harris

Royal Historian

Dr. Carolyn Harris est une historienne établie à Toronto, Ontario, Canada. À présent, elle enseigne l’histoire à l’Université de Toronto, School of Continuing Studies (l’École d’Éducation Permanente). Son éditorial sur la monarchie est publié mensuellement dans le journal Kingston Whig-Standard et elle fournit souvent des commentaires sur la royauté sur la chaîne de télévision CTV et à la radio CBC. Carolyn a fini son doctorat en histoire à l’Université Queen’s à Kingston, Canada, en 2012.

Carolyn est un expert sur l’histoire de la monarchie européenne et elle a été interviewée par un bon nombre de media, parmi lesquelles CTV News Channel, CNN, BBC Radio 5, CBC radio, Radio Canada International, TVO’s “The Agenda,” le Toronto Star, le National Post et le Globe et Mail. Son œuvre sur le contexte historique des problèmes d’aujourd’hui de la monarchie britannique et de celle canadienne a été publié dans BBC News Magazine, Globe and Mail, Ottawa Citizen, Bloomberg News, Toronto Sun et Kingston Whig-Standard.

Trouvez le blog de Carolyn sur le contexte historique des événements royaux actuels sur www.royalhistorian.com

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